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Témoignages

 

Jean, 29 ans : « Je reprends confiance en moi »

« Petit, on me décrivait comme un enfant rêveur et perturbé. Aujourd’hui j’ai déjà effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique pour traiter des décompensations psychotiques. Ces séjours ont été suivis de placements dans différents foyers, sans que je puisse me stabiliser. Ma tutrice m’a finalement orienté vers le CAAD où je vis depuis plus d’un an. J’ai pu m’éloigner de mon lieu de vie et de consommation. Je prends régulièrement mes médicaments, je bénéficie d’un soutien psychologique et éducatif. Mais le plus important est de ne plus avoir à me soucier de mon logement, de mes obligations administratives et financières. J’accepte mieux ma maladie. Grâce aux ateliers, je reprends confiance en moi, mes journées sont structurées et mes angoisses s’atténuent. Avec le soutien de la psychologue et de l’équipe éducative, j’ai pu renouer avec certains membres de ma famille ».

 

Charles, 37 ans : « Au sein du CAAD, j’ai trouvé une famille »

« Lorsque j’étais adolescent, mon père est mort devant moi d’une crise cardiaque, ce qui m’a profondément marqué. Depuis son décès, mon cercle familial a éclaté et j’ai sombré dans la solitude. J’ai commencé à boire, à voler, à devenir violent, à fumer des joints puis à consommer des drogues dures. Mon comportement m’a tout fait perdre : logement, travail, relations… Le trafic de stupéfiants m’a conduit en prison. Ma santé s’est détériorée et j’ai contracté une hépatite C. Pour cette raison, mon tuteur m’a conseillé de transformer ma peine pénale en prise en charge thérapeutique au CAAD. Il m’a fallu plusieurs années pour établir une relation de confiance avec le personnel du Centre. Aujourd’hui, conscient de ma vulnérabilité, j’accepte que l’on m’aide à affronter mes problèmes. J’ai trouvé au sein du CAAD une famille qui me permet de me sentir moins seul, utile. En venant au Centre de jour, j’ai le sentiment d’appartenir à un groupe social sain ».

 

Jean-Pierre, 40 ans : « J’apprends à me sociabiliser »

« Ma mère était soumise et effacée, mon père violent. Sa colère et ses frustrations se traduisaient par des coups et des punitions. Très tôt j’ai fugué, je me suis drogué et prostitué. J’étais entretenu par des hommes, j’acceptais des pratiques extrêmes très bien payées. Mais cette vie engendrait honte et humiliation. J’ai pété les plombs plusieurs fois et je me suis retrouvé en hôpital psychiatrique. Je n’aimais pas la vie que je menais mais j’y retournais sans cesse car elle me permettait de survivre. Cette situation a duré une dizaine d’année. J’étais devenu incapable de gérer quoi que ce soit sinon de me retrouver dans la délinquance, en marge de la société. Mon psychiatre m’a fortement recommandé d’intégrer le CAAD. Ici, j’apprends à prendre mes médicaments régulièrement, à structurer mes journées, à me concentrer sur un seul projet à la fois. J’apprends à me sociabiliser, à éviter les relations commerciales basées sur le sexe. Je réalise qu’il va me falloir du temps pour retrouver la stabilité ».